Beaver Builder, le constructeur

J’avais besoin d’intégrer un plugin de constuction de pages dans un projet freelance. Et là génial, je venais d’assister à une conférence de Fabrice Ducarme au dernier WordCamp Paris qui abordait justement le sujet avec la présentation d’une solution apparemment efficace.

Evidemment d’autres solution existaient, on connaissait Visual Composer par exemple, mais mon besoin était différent et j’avais besoin de quelque chose de léger. A écouter Fabrice on touchait là au très très haut du panier.

Je me suis donc tourné vers ce Beaver Builder, un constructeur de pages très frais.

C’est quoi ce truc ?

Un plugin à la base mais c’est en fait une application web qui se greffe à WP à mon sens. On a la possibilité d’avoir le thème qui va avec si on utilise la version pro donc si on a pas envie de toucher au code, autrement dit la majorité des utilisateurs.

Le prix

Putain 400$ en mode business, 99$ en mode tarif réduit, c’est pas donné. Oui mais on s’en fout. Franchement je n’ai aucune hésitation à mettre le prix dans la qualité si elle est au rendez-vous. Si le projet l’exige, et que le besoin correspond donc, 400$ c’est pas énorme surtout qu’ici on aura une interface front-end editor avec du drag and drop.

You know what I mean… en Français, un éditeur WYSIWYG en glisser-déposer. Tu cliques, tu maintiens pressé et tu glisses là où tu veux mettre le module. C’est franchement bien fait et très fluide comme interface. Et y a pas d’embrouille, si tu veux tester tu peux, pas besoin de screenshots ou d’une vidéo:

Tester Beaver Builder en live

C’est recommandé par @chrislema, un prescripteur d’opinion très inspiré et très branché business.

Tu peux aussi l’utiliser en mode marque blanche et comme ça tu pourras dire “c’est moi qu’il ai fait ! Tout seul. Parce que je suis trop balaise !”. Plus sérieusement cette option cachera les logos et la pub pour beaver builder dans l’admin pour ceux pour qui ça compte. On peut aller jusqu’à créer sa propre plateforme de publication basée sur le système d’éditeur front-end du plugin.

Dernier argument : nombre illimité de sites quelle que soit la version !

Et pour les plus sceptiques une version lite gratuite : voir le plugin sur wordpres.org

Gros plus UX

Là où ça se démarque clairement c’est sur l’argument du “guess work”, en Français “travail à l’aveugle”. C’est un manque pour beaucoup de solutions où on ne va voir clairement le résultat de ce qu’on paramètre et ça c’est plus possible. Donc c’est un VRAI, un pur WYSIWYG.

Le plugin a bien intégré cette logique d’environnement WordPress et il sait qu’il n’est pas tout seul : support pour Woocommerce, capacité multisite a partir des versions pro, internationalisation. Les shortcodes et les widgets ajoutés par d’autres plugins sont supportés, pas d’interruption à ce niveau.

Le résultat

Joli, léger en terme de markup HTML, pas de “divite” et quand tu désinstalles le plugin parce que voilà t’as trouvé mieux ou t’en as juste marre et bah tu te retrouves avec du HTML simple dans l’éditeur comme si t’avais utilisé le système natif de WP. Il te reste pas des shortcodes à la con où tu vas devoir te taper des requètes SQL à la main pour les virer.

Si la désinstallation n’est pas définitive, il suffit de le désinstaller depuis la page des plugins, si jamais on veut tout supprimer on peut utiliser l’onglet désinstallation du plugin qui supprimera les post metas associées.

Pas bloquant, pas lourd. Pour donner un exemple, avec une galerie d’image responsive en mode collage, tu peux afficher le code source et scroller la page sans y passer ta vie, le markup est léger. Pour la performance c’est pas mal aussi parce qu’on grappille de l’octet, pareil pour le js et les css. Chaque module est indépendant, on ne charge pas tout le bouzin d’un coup.

Et c’est responsive of course !

Mode développeur : Le code !

De manière schématique, on a une sorte d’application full js, du tinymce quoi, qui s’appuie sur WordPress donc WP en tant que framework d’applications, tiens-donc smile Allez, on y va ! Sortons les cordes et les lampes et on part en spéléo :

  • documentation complète ici et ici
  • classes statiques et modularité
  • choix de capability (par défaut edit_posts)
  • les filtres et actions de WP sont exploitées à maximum, pas de réinvention de la roue

Là où je suis moins fan :

  • les appels BDD avec des esc_sql() alors que la méthode prepare() de $wpdb fonctionne très bien et corrige certaines erreurs de formatage.
  • le manque de support pour les CPTs (mais c’est pas le plus dur à rajouter non plus)
  • manque de hooks globalement mais j’ai apprécié le hook fl_head (une action) qui permet de se caler APRES les styles de Beaver Builder

Sur ce dernier point la philosophie des dévs du projet est d’attendre qu’on leur demande spécifiquement des hooks au lieu de blinder au départ et de risquer de produire des points d’entrée que personne n’utilisera. Bon… un choix comme dirait l’autre.

Conclusion

Très performant pour les utilisateurs mais encore pas mal d’incertitudes pour les capacités d’extension, sans jeu de mots, pour les développeurs. On nous parle de compatibilité avec des widgets et des shortcodes mais c’est pas vraiment le plugin qui assure cette compat, c’est juste qu’il ne la bloque pas. Quand on parle d’utilisation à plus ou moins grande échelle on va devoir se caler dessus et le triturer dans tous les sens comme on peut le faire actuellement avec des solutions telles que Visual Composer.

Là-dessus pas vraiment de perspectives. Au final donc un effet Wow amplement mérité, pas d’arnaque. Cela marche très bien et c’est raisonnable en termes de rapport qualité/prix mais l’aspect developer-friendly trouve ses limites rapidement.